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  • C’est au tournant du XIXeme et du XXeme siècle que le Dr Marage a tenté d’améliorer un cornet acoustique existant et de mesurer l’effet de ces modifications sur la transmission des sons.
    Il s’agit donc de la première expérience d’adaptation d’un appareil auditif par un moyen de mesure.
    On est encore loin de la chaine de mesure et de la mesure in vivo mais la démarche scientifique est là.

    Le terme expérience est assez approprié car on est plus proche de la démarche scientifique que de la démarche pratique : son but est d’améliorer le systeme pour l’ensemble des utilisateurs et non pour un malentendant donné. Pour faire le parallèle avec notre tremps, il faudrait plutot comparer cette méthode à celle des laboratoires des fabricants d’aides auditives et non à celle des audioprothésistes.

    Appareil de mesure :
    les flammes manométriques de Koenig. Cet appareil permet de figer et regarder la déformation instantanée d’une flamme sous l’effet de l’onde acoustique à l’aide d’un miroir tournant a effet stroboscopique.

    Modification du cornet :
    travail sur l’extrémité et introduction d’une baudruche dans sa partie interne afin d’en atténuer certaines variations.

    Résultats :
    Selon son étude les résultats sont probants. Commercialement cependant cette idée n’a jamais été retrouvée dans les catalogues ni meme brevetée semble-t-il.

  • Article paru dans AudioInfo n°175 en septembre 2012

  • Article paru dans AudioInfo n°180 en février 2013

  • Article paru dans AudioInfo n°171 en mai 2012

  • article paru dans AudioInfos n°167 en mars 2012

  • article paru dans AudioInfo n°169 en mars 2012

  • article publié dans AudioInfo n°177 en novembre 2012

  • Article paru dans AudioInfos n°173-174 en juillet aout 2012

    • « C’est quoi ce titre ?, du déjà vu ! »
    • « Encore un Phonak French américain !? »
    • « A moins qu’on ne parle des audioprothésiste exclusifs proches de la retraite ? »

    Je sais, je vous ai déjà fait le coup dans un billet précédent et avec 20 ans de plus ! Alors quel est l’intérêt de ce billet ?
    Pas d’effet de surprise cette fois-ci, en effet il s’agit bien d’un vrai Phonak suisse (voire Celte ou Kymri ?  j’en perd mon latin).

    Dans le billet historique précédent j’avais évoqué les deux premiers modèles de la marque dont vous n’ignorez plus qu’ils fonctionnaient à lampes. L’idée est de vous en apprendre un peu plus.

    « 60 ans » ça nous ramène  à 1952. C’est la date charnière entre la fin du premier appareil Phonak (lancé en 1947 puis décliné en 6 versions) et le deuxième produit de la marque.

    Ca fait un bail…

    Ce premier modèle joliment baptisé Turicum est un appareil boitier de type « tout-en-un » c’est à dire contenant les piles, l’amplificateur et le microphone. L’écouteur, relié par un fil, est maintenu à l’oreille grâce à une branche métallique passant derrière le pavillon. Il n’y a pas d’embout sur la photo mais je pense qu’il devait être possible d’en fixer un pour éviter l’effet larsen.

    De taille « respectable » il entre cependant dans une poche de chemise. La première version (ici présentée) possède un potentiomètre et un bouton on-off. Aucun réglage n’est disponible pour le vendeur (à l’époque l’audioprothésiste n’existe pas).
    La suspension du microphone porte bien son nom (un jour je vous montrerai des « tiroirs » piles)

    Son amplification est réalisée par trois lampes : une Raytheon CK 518AX et deux… Philips DF 66 !
    Or à la même époque Philips est déjà une solide société d’électronique qui fabrique de nombreux composants mais aussi des aides auditives (avec les mêmes lampes ?).

    En tout, six versions auraient été commercialisées, dont une dorée, les plus récentes associant lampes et transistors.


    La fin des lampes

    Le deuxième modèle de la marque, de couleur noire et dorée, est plus qu’une variante puisque l’amplification est entièrement confiées à des transistors (Raytheon CK718). Non seulement les lampes disparaissent libérant du volume mais cela permet également de supprimer une des piles : celle qui servait à chauffer les filaments des lampes.
    Ainsi la taille de l’appareil est presque diminuée de moitié.

    Concernant les transistors CK718, il est intéressant de noter que les premiers transistors commercialisés l’ont été par Raytheon en 1948 avec le modèle CK703 mais que les premiers commercialisés produits industriellement ont été les CK718 en septembre 1952 pour l’industrie de l’aide auditive. Les modèles vendus au grand public sous l’appelation CK721 et CK722 à partir de 1953 étaient en réalité les mêmes mais avec quelques défauts lors du controle qualité.

    Son nom commercial est « Alpina ». Il se vendait au public aux environs de 62000 francs suisses ce qui représenterait 1200 € d’aujourd’hui (2011).


    L’étymologie au service de l’imagination suisse.

    Le nom de la marque PHON – AK  s’apparente à de très nombreux noms d’aides auditives fabriqués sur les racines antiques grecques : « phone » (la voix), « akoustikos » (auditif), mais aussi latines « tonus » (la corde), « sonere » (sonner/être sonore), « auditus » (écoute) et « auris » (oreille).
    Toutes les combinaisons possibles ont existé et peut-être que la reprise d’un nom déjà utilisé aux USA avant-guerre et dont la marque avait disparue est une coïncidence.

    Pour nommer les appareils, le choix aurait pu se porter sur l’ordre de production : 1 puis 2 ou sur une caractéristique technique comme le nombre de transistors : T3, T4…


    D’emblée plus ambitieux, les créateurs ont choisi Turicum, plus original et qui nous permet de faire un peu d’étymologie. Il s’agit -selon Wikipedia- d’un nom romain d’origine pré-latine, dérivé du nom celte Turos, et désignant la ville de Zurich dans l’antiquité.

    Pour le deuxième appareil leur imagination ayant déjà été beaucoup sollicitée, il décidèrent de choisir le nom Alpina dérivant de « alp« , mot kymrique désignant une roche escarpée lui-même probablement à l’origine de « alpes » mot romain désignant une montagne.

    En allant chercher des racines géographiques celtes, les créateurs de ces modèles voulaient (consciemment ou non) pallier la jeunesse de leur entreprise et de leur produit en s’inscrivant dans une tradition millénaire, gage de longévité rassurante. Cette ancienneté, proche de la notion de tradition véhicule aussi une idée de qualité, enfin la référence géographique ancre le produit dans son terroir tout en étant ouvert sur l’Europe.

    Aujourd’hui pour trouver un nom comme cela il faudrait faire travailler une équipe d’une douzaine de personnes du département marketing à temps plein pendant plusieurs mois. Ce qui permettrait juste d’éviter les « Siemens Berl » (pas très vendeur), « Philips Wodans Wodo » (pas si mal celui-là), Oticon « Kobmannahavn » (facile à prononcer) ou « Intrason Fraxinis »…
    C’est ainsi qu’on se retrouve dans les années 2000 avec des Widex « Super » succédant aux Phonak « Extra »…


    PS : si vous savez ouvrir le boitier de l’Alpina, je suis preneur…

    PPS : j’ai un gros pouce

  • C’est avec un immense plaisir que j’ai enrichi la collection d’une pièce aussi rare que « Design » :
    la chambre anéchoique portable Bruel & Kjaer qui était utilisée par les fabricants et/ou les audioprothésistes pour tester les aides auditives, c’est à dire tracer leurs courbes de réponses en fonction de divers paramètres et mesurer des distorsions.

    Mais ses performances acoustiques sont largement concurencées par ses qualités esthétiques :
    elle a la forme très régulière d’un oeuf d’environ 1m10 de haut !

    Cet étonnant cadeau de Noel m’a été offert par Vincent Génot que je veux remercier ici avec chaleur car il a gardé pendant de longues années cette chaine de mesure et s’en est séparé pour lui assurer un avenir. Je vais donc le couver avec attention, parmi ses cousins Philips.


    Vincent Génot a été fondateur et  gérant d’IsoSonic, la dernière marque française d’aide auditive qui fabriquait des intras-auriculaires et distribuait aussi plusieurs marques étrangères. Il est actuellement responsable des ventes de Sonic Innovation France qui a rejoint le groupe GN Resound.

    J’ajouterai quelques photos un jour ou l’autre…